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Trailers de jeux vidéo : ces musiques qui étonnent… (et déchirent)

Au fil des progrès techniques auxquels on a pu assister au cours des dernières années, les jeux vidéo ont rapidement su s’inspirer du 7ème Art pour faire des trailers, de nouveaux moyens de communications impactants.

Bien souvent imparfaites, nombreuses sont pourtant les bandes annonces à avoir su marquer durablement les joueurs : la 3D permet des folies face auxquelles le cinéma peut durement rivaliser. Entre naïveté et surenchère, les réalisateurs parfois improvisés de ces vidéos n’en démontrent pas moins un véritable talent.

Mais le jeu vidéo est plein de contradiction et c’est bien le média qui pourrait se permettre le plus qui se voit pourtant trop souvent enfermé dans des univers ultra codifiés, guerriers, violents et bourrés de testostérones.

Le trailers devient dès lors un outil idéal pour apporter un peu de fantaisie au cœur de cette guerre : n’hésitant pas à créer de toutes pièces une séquence qui n’apparaitra à aucun moment du titre, ces trailers sont l’occasion de casser, le temps de quelques minutes, les barrières d’un univers qui aura bien du mal à accepter le moindre temps mort, une fois la manette entre les mains du joueur. Outils essentiel et efficace, la musique joue ici un rôle primordial pour donner de l’épaisseur à un jeu, une couleur différente qui, si elle ne se révèle que le temps d’une bande annonce, parvient à donner, avant même la sortie d’un titre, un charme fou à des séquences pourtant sanglantes.

Petit passage en revue des musiques qu’on aurait pas imaginées là, mais qui, une fois le trailer fini, nous paraissent finalement comme évidentes.

Gears of War : Mad World Trailer

Gears of War est un habitué du genre. Jeu le plus Bad Ass de cette génération, il ose, dès son premier épisode, prendre les joueurs à contre pied avec Mad World, splendide chanson interprétées par Gary Jules. Pas dénuée de sens, l’association marche finalement à merveille, la pureté du titre venant créer un contraste hypnotique avec le chaos des images. On regrette alors juste de ne pas le retrouver une fois dans le jeu…

Tomb Raider Underworld : Lacrimosa

La musique classique a depuis bien longtemps envahi les salles de cinéma. Barry Lindon(Haendel), Apocalypse Now (Wagner), Casino (Bach) et bien entendu, Amadeus (…Mozart), la liste des longs-métrages ayant su brillemment se réapproprier la musique classique est longue. Elle l’est beaucoup moins si l’on s’intéresse aux jeux video. Cristal Dynamics trouve pourtant le titre ideal pour accompagner un personage emblématique, médiatique et lui aussi classique. Lara Croft, que le temps (et les suites sans intérêt) n’a pas épargnée renait sous une pluie évocatrice. Lacrimosa (Mozart, toujours) lui va finalement à ravir.

Ridge Racer : Unbounded

Toujours du côté de la musique classique, certains n’hésitent pas à tenter des associations beaucoup moins évidentes et pas moins efficaces pour autant. Entendre ainsi résonner la Nocturne No 15 de Chopin à la découverte du nouveau volet de Ridge Racer est un brin déconcertant. Le contraste entre la frénésie visuelle du trailers et la Nocturne est percutant, la voix froide et déterminée servant de liant à ce mélange audacieux. La dubstep qui termine le trailer était en revanche tout à fait dispensable…

Dead Island

Le contre-emploi a notamment d’intéressant qu’il est parfois à l’origine d’un véritable malaise, lorsque la musique qui arrive à nos oreilles est en totale contradiction avec l’image. Avec certainement l’un des meilleurs trailers de 2011, Dead Island l’a parfaitement compris. Profitant d’une mise en situation très concrète et instantanément dérangeante, la bande annonce perturbe aussi dans sa forme. On remarque bien sûr les images, passées à l’envers – idée géniale au demeurant- mais on reçoit aussi en plein tronche une musique à la sérénité à toute épreuve qui accompagne avec force les gerbes de sangs qui défilent.

Assassin’s creed

Tout comme Gears of War, Assassin’s Creed s’est à plusieurs reprise distingué par sa musique. Tout du moins le temps de quelques trailers, la bande originale du jeu en lui-même n’ayant rien de très singulier. Après Massive Attack et Justice, voilà qu’arrive Woodkid et son désormais célèbre Iron. Le mariage est absolument parfait. La voix, grave, douce et envoutante de son interprète rythmée par la puissance et la lourdeur des percussions donnent un relief saisissant à un héros vieillissant, téméraire, et qui semble porter à lui seul le poids du monde sur ses épaules. L’association coule finalement de source, mais puisque les chansons se font encore rares dans les trailers actuels, il aurait été dommage de ne pas le citer. Oui et puis ça défonce aussi.

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