Jeux-Vidéo

J’ai enfin essayer de jouer avec une tablette

On s’est toujours un peu refusés à l’idée de parler de jeux mobiles/tablettes en ces pages parce qu’on n’y trouve pas notre compte en tant que joueurs grincheux à l’ancienne, mais cette fois je me suis dit « oh allez, force toi un peu ». Après de gros bons retours lors de sa sortie sur IOS, hier débarquait sur plateforme Android Fallout Shelter. L’engouement était au top, les gens l’attendaient sur Twitter et partout sur la toile, et l’excitation était d’autant plus à son comble qu’il n’y avait pas d’heure de sortie bien définie. Bien joué le buzz gratuit. C’était donc le parfait étalon dans lequel me plonger pour en parler vite fait, chose que j’ai faite depuis quelques semaines sur mon ipad.

Confortablement installé dans mon lit ou sur mes toilettes, je ne sais plus trop, j’ai donc lancé la bête. Premier constat, oui l’humour dans les temps de chargement était là. Ouf, on va pouvoir s’amuser. A part ça, on se retrouve vite avec nos premiers habitants s’installant dans notre bunker. Car oui, le but de ce Fallout Shelter, c’est de faire cohabiter nos occupants façon communauté bien organisée qui sait vivre en autarcie.

Rapidement on crée un foyer, une salle pour créer de l’énergie, une autre pour de la bouffe et une dernière pour avoir un peu d’eau potable. On assigne ensuite nos habitants à des corvées et ils sont contents, ou non. Alors pour faire une piqure de rappel sur le fait que le jeu de base est un jeu de rôle, les personnages ont des points de compétences et chaque salle va leur permettre de faire du bon travail si leur niveau dans la compétence correspondante est élevée. Chouette, c’est un peu stratégique, me suis-je dis.

Et puis là, comme c’était le début du jeu, je n’avais plus rien à faire si ce n’est attendre. Voilà, comme un con j’ai glandé le temps que mes salles produisent ce que j’attendais d’elles afin de collecter les ressources. Et attendre à nouveau. Des minutes par ci, des minutes par là, le temps passe et je ne fais pas grand chose. Du coup me voilà pris au piège de ces jeux absolument chiants comme la mort (de mon point de vue) qui vous demandent de venir souvent faire coucou deux minutes pour collecter des choses et lancer deux/trois actions entre deux activités annexes. Bref, un jeu d’arrière plan sauf si on file du fric à gogo pour, ici, collecter des valises contenant des surprises (armes, fringues, ressources, argent,…).

Mes dents grinçaient déjà beaucoup à ce moment là mais soit, je me suis forcé, pour la science. D’autant plus qu’il y a des défis à relever pour se faire du fric facilement ou gagner des valises. D’ailleurs, en fonction du nombre d’habitants que l’on a dans son abri, on peut disposer de nouvelles structures. Chouette, de la diversité. Bon, on débloque visiblement des choses jusqu’à 100 personnes présentes alors je me fixe pour objectif d’atteindre au moins ce gap là avant de faire ce billet. Ouais, j’aime bien « finir » les jeux que je teste, mais comme là il n’y aura pas de fin, autant fixer une limite.

Toutes les heures, inlassablement – lorsque je ne bosse pas, cela va de soit – je reviens sur le jeu. Je lance l’appli, je fous machin et machine dans une pièce pour qu’ils forniquent, je récupère des ressources, je regarde mes défis pour voir ce qu’il faut prioriser et je lance des « rush ». Ces « rush » ont un effet boost sur les activités permettant donc de produire plus rapidement les ressources. Attention cependant, les activités lancées avec un « rush » ne réussissent pas nécessairement et les conséquences d’un raté sont plutôt pas cool. Oulala quel stress ! C’est chaud, je vais peut-être avoir un incendie ou une invasion de rats radioactifs. Hum.

Comme le jeu ne présente pas de difficulté, voilà bien longtemps que mes habitants ont des armes récupérées en dehors de l’abri grâce à mes explorateurs. Donc, la moindre menace physique (attaque de rats qui creusent des trous ou de sauvages qui forcent la porte de l’abri pour piller nos ressources) est vide endiguée sans même que je regarde l’écran. C’est vrai quoi, je risque peut-être de niquer la cuisson de mes pâtes et ça, c’est carrément plus important.

Donc le temps passe. Je construit de nouvelles salles, je laisse toujours deux places à côté de chacune pour pouvoir les agrandir par la suite. Et bien oui, il parait que c’est de la stratégie et qu’il ne faut pas faire n’importe quoi alors je m’organise, prévoyant. Voilà ! Du coup c’est un peu une promenade de santé. Les gens forniquent, mes ressources augmentent à ne plus savoir qu’en faire, aucune menace ne plane sur mon bunker. Paf, je franchis la barre des 100 personnes en une semaine.

Me voilà devant mon écran à me dire : « mais comment on peut s’amuser là dessus ? ». Ouais, le grincheux est bien là, toujours aux aguets, ayant l’impression de n’avoir rien foutu d’intéressant, ni de s’être amusé, mais plutôt d’avoir été pris en otage par un truc qui lui demande de s’occuper de lui toutes les cinq minutes. Un peu comme mon chat mais en largement moins mignon quand même. Et quand je vois le paquet de fric ramassé par les développeurs, je me dis que vraiment, ce genre de jeux n’est pas pour moi et ça m’arrache même la gueule d’appeler ça un jeu. C’est juste un passe-temps de mon point de vue, qui se paie le luxe d’être invasif car finalement, pendant une semaine, je me suis trimballé mon ipad un peu partout, l’air con.

Non vraiment, je veux bien jouer à du The Banner Saga ou des remakes de point’n’click sur tablette, mais ne comptez pas sur moi pour vous parler des sorties mobiles and co. Et encore moins d’infinite runner. Et ce n’est pas parce que c’est gratuit pour commencer, que ça me donnera envie d’y jouer. D’autant plus que vous, vous y jouez vraiment à ces trucs là ?